dimanche 06 juillet
Relâche
C'est dit, je pars en vacances, et foin de la pression des collègues qui voudraient me retenir ! Une petite quinzaine, ça va me faire du bien. Loin de la ville, au vert, dans le calme.
Occupation prévue : mono.
Etat d'esprit : pessimiste.

Lééééééééééééé joliiiiiiiiiiiiiies coloniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiies de vacan(an-an-an)ces,
merci papa, merci maman.
Tous les ans, je voudrais qu'ça r'commen(en-en-en)ce,
youkaïdi, aïdi, aïda. (Pierre Perret).
pfffff ! Fait chaud....
(ça, c'était avant les orages)
M'énerve celle-là avec son appareil... J'aime pas les photos !
Peut pas me f... la paix ? hein ?

Bon, les petits colons ne me semblent pas très dynamiques. Difficile de faire des choses en commun dans ces conditions. Faut que j'm'occupe...
Devoirs de vacances
Alors là, ce ne sont pas les idées qui manquent. Mais j'ai tellement envie de mettre les bouchées double et de rattraper tous les tricots que je n'ai pas pu faire par manque de temps que je ne sais plus où donner de la tête !

1°) Détricoter le châle Swallowtail
Après 1 heure de travail (moins que pour le faire...), il reste 2 pelotes de Kaalund enchanté (100% soie, coloris Moss)
Vraiment trop mou, impossible à porter. Le fil est superbe, je le réutiliserai.
2°) Préparer les pelotes du futur Fair isle. Enfin un jacquard. Un vrai, avec plein de couleurs. Démarrage prévu en août. (La fin, je ne sais pas !).
Les colons sont épuisés à voir une mono si active. Et tu crois qu'ils donneraient un coup de patte ?
Moi, je me réincarne en chat la prochaine fois que je nais !
3°) Continuer mon modèle Phildar en Damask de Rowan. Les manches, le dos et un devant sont faits. Il reste à terminer l'autre devant, tricoter les deux empiècements du devant et faire le montage.
En cours de montage, il faut crocheter une bordure avec un fil ruban. Je suis assez contente, j'ai trouvé un lacet en coton (sans marque) dont la couleur s'assortit parfaitement. Il est un peu plus gros que le fil préconisé, mais je me débrouillerai !
4°) Trouver les fils pour 2 layettes. Un bébé pur le 15 août et un autre pour la fin de l'année. Dans les deux cas, les parents ne veulent pas savoir le sexe. Je comprends, mais ça n'aide pas beaucoup les tricoteuses ! Pas de frous-frous ... si jamais c'était un garçon ? Pas de dentelle non plus, sauf si c'est du premier âge. Du bleu ? Ca fait garçon. Du rose ? Fille. Du blanc ? Oui, mais je n'aime pas l'uni et mes modèles sont en couleur.
Le bébé aoûtien sera habillé de crochet : petite brassière manches courtes (modèle Modes&Travaux, années 50...), rayée blanc (Steamer de Phildar) et vert pâle (coton N° 5 Anchor), et sandalettes espagnoles assorties. Déjà tricotés plusieurs fois, mais ça plaît toujours :
Le bébé d'hiver aura une grenouillère nordique (modèle Phildar). Déjà faite aussi :
5°) Terminer un petit gilet d'été avec des restes (le plus gros étant le fil Florida de Lammy, coton mélangé).
Colombia, 2 ans, terminé le 2 juillet
Je n'ai pas pour habitude, en général, de parler des évènements du monde, mais comme beaucoup d'entre vous sans doute, la libération d'Ingrid Betancourt (et de ses compagnons d'infortune) m'a remplie de joie. De la Colombie, je ne connaissais en gros que le café, mais j'ai voulu en savoir plus.
Quelques notes sur la Colombie
Vers 1500 : Christophe Colomb débarque sur les côtes colombiennes. Puis les conquistadors, qui fondent des colonies regroupées plus tard en une organisation régionale, la Nouvelle Grenade.
1538 : fondation de Santa Fé de Bogotá, Bogotá étant le nom d'une tribu indienne dominante rencontrée par les conquistadors. La ville prend le nom de Bogotá en 1819, et a repris officiellement son ancien nom de Santa Fé de Bogotá depuis la Constitution de 1991.
A partir de 1717 : fondation de la vice-royauté de Nouvelle Grenade. Cette vice-royauté comprend les territoires actuels de Colombie, Panama, d'Equateur et du Venezuela.

Dès 1813 : Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios - en plus court, ça donne Simon Bolivar -, un vénézuélien, oeuvre à l'émancipation des colonies espagnoles dans le but de regrouper les pays d'Amérique du sud en une grande confédération.
Août 1819 : Bolivar proclame l'indépendance de la Nouvelle Grenade.
Fin 1819 : suite à une bataille décisive, libération de la Colombie actuelle et proclamation de la République.
1821 : libération du Vénézuela et de Panama.
1822 : libération de l'Equateur.
1822 : fondation de l'Etat de Grande Colombie (nom choisi en l'honneur de Christophe Colomb) qui comprend la Colombie actuelle, Panama, le Vénézuela et l'Equateur. Bolivar en est le président.
1830 : mort de Bolivar, sécession du Venezuela et de l'Equateur. La Grande Colombie donne naissance à 3 états, le Vénézuela, l'Equateur et la République de Nouvelle Grenade ( Colombie + Panama).
1858-1886 : la République de Nouvelle Grenade change de nom plusieurs fois : Confédération grenadine (1858), Etats-Unis de Colombie (1861) dont le Panama est un de ces états, République de Colombie (1886) qui est depuis ce jour le nom officiel de la Colombie.
1903 : le Panama se sépare de la Colombie.
Les armoiries de la Colombie rappellent que c'est le seul pays d'Amérique latine à bénéficier de deux façades maritimes (Atlantique et Pacifique), que la liberté est une valeur essentielle (condor andin + bonnet phrygien + devise), que l'or y coulait à flot (cornes d'abondance), cet or qu'étaient venu chercher les conquistadors.
Le drapeau associe trois couleurs : le jaune pour l'or, le bleu pour les deux océans qui la baignent et le rouge, symbole du sang versé pour sa libération.
La Colombie est le premier producteur mondial d'émeraudes et de platine, et reste un acteur majeur de la production de pétrole.
Quelques artistes que vous connaissez sûrement ! Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature en 1982 et Fernando Botero, peintre et sculpteur de renommée mondiale.
On aime ou on n'aime pas...

Faut que j'diminue les croquettes, moi !
Petites pages de lecture si vous voulez approfondir : ici et là.
A bientôt, vale,
Christine
dimanche 08 juin
Bercé(e)s d'illusions...
Allons-y, M'sieurs-dames, ouvrez-bien les yeux, vous bousculez pas, y'en aura pour tout le monde. Je vous emmène au pays des apparences trompeuses, des chimères et des vues de l'esprit (comme si l'esprit avait des yeux !). Je ferai illusion, vous aurez des hallucinations et vous verrez des mirages.
Je vais vous manipuler, faire de la presdigi presgiti presgitiagitation, bref je vais vous nourrir d'illusions jusqu'à l'écœurement. Et ce sera le désenchantement, la grande désillusion après la Grande illusion puis les illusions perdues.
Alors, prêt(e)s pour un voyage au pays des illusions ?
Important : si vous êtes sujet au mal de mer, ou si vous commencez à avoir la tête qui tourne ou à vous sentir mal en lisant ce billet, allez directement à la fin pour le tricot. (Ou lisez-le en plusieurs fois.)
Vos yeux trompent votre cerveau. Si.
La preuve :

Vous ne voyez rien ? Reculez-vous !
(je décline toute responsabilité pour le texte...)
Un triangle improbable, des ouvriers rocambolesques et des bateaux fantômes (agrandissez les images)

du Escher en BD

Les images formées sur la rétine arrivent au cerveau sous forme de signaux. Une fois interprétés par les aires visuelles cérébrales, ces signaux sont transformés en images que nous "voyons". S'il y a erreur d'interprétation -due à la fatigue rétinienne ou à une mauvaise qualité des cellules de la rétine, mais aussi à notre vécu et à ce que le cerveau a mémorisé-, les illusions d'optique surviennent.
NB : agrandissez les images qui suivent pour que l'effet soit maximum
Illusions de forme
Tout le monde connaît les barres parallèles (oui, elles le sont),
les fausses boursouflures et ondulations :

(A bulge -copyright 1998- et Primrose's field -copyright 2002- de A. Kitaoka)
Illusions de couleur
Vous voyez des ronds roses ? Que nenni, ils sont verts ! (Fixez la croix)
Et là ? Vous voyez des points noirs aux intersections ?
Encore faux ! La preuve en passant la souris sur le dessin ici.
(Merci à Aihara Kenji pour son aimable autorisation de reproduction de Busy beans).
Et ici ? Le carré B est plus clair que le A, n'est-ce pas ?
(l'échiquier de Edward H. Adelson)
Encore raté. La preuve ici en suivant le chemin : salle N°2/ombres et lumières/Edward H Adelson).
Illusions de mouvement
Birds (copyright Aihara Kenji que je remercie pour son aimable autorisation)
Allez voir ici qu'il faut juste une petite touche de blanc et de noir pour créer l'illusion d'un vol d'oiseaux !
Là aussi, quelques touches de couleur savamment disposées et le cerveau n'y voit que du feu !
Illusions de rotation
Rotating snakes A. Kitaoka copyright 2003
Illusions d'expansion et de contraction
Expansion (Gold explosion) A. Kitaoka copyright 2008
Contraction A. Kitaoka copyright
J'arrête ! Mais si vous voulez en voir plus sur la vue, visitez Ophtasurf, et si vous voulez vous amuser avec des illusions d'optique, je vous recommande ce site, très bien fait.
Illusions et tricot
Je manque vraiment de temps pour tricoter, et je ne me fais guère d'illusions ; je n'en aurai pas plus dans les temps qui viennent, mais on peut rêver, non ?
Illusion de forme
Oh non ! ce n'est qu'une illusion. Bien sûr, le pull est jaune, mais sans manche, avec un point basique et en tout petit (18-24 mois). Avec des restes de coton et coton mélangé.
Là où il n'y a pas d'illusion, c'est que le débardeur est bien un peu plus pâle en haut qu'en bas : j'avais 2 fils bouclette différents, j'ai commencé avec l'un, puis à 5 cm au dessus de la rayure bleue, j'ai fait alterné les deux coloris tous les rangs, puis j'ai terminé avec le deuxième. En réalité, ça se voit nettement moins que sur la photo.
Illusion de point
... et la réalité est autre. Signorina, 4 ans, en Florida de Lammy
Avec un petit poin d'écrevisse en bordeaux autour des emmanchures et de l'encolure.
Illusion de couleur
Ah ! que ça fait rêver !
Modèle de Solveig Hisdal
En attendant, je tricote Damask de Rowan, avec des tons de verts et du bleu par-ci par-là, mais je m'ennuie déjà ... Modèle Phildar (un vieux) que je réalise avec ce fil, et début d'une manche. J'ai renoncé à tricoter un modèle Rowan, toujours trop pleins d'erreurs.
Le fil contient 57 % de viscose, et est donc un peu mou tout en ayant un certain corps. Le modèle est rebrodé de perles, et bordé d'un point d'écrevisse en fil ruban, et à part les poignets qui sont en côtes ajourées et le plastron avec un peu de trous-trous, tout est en jersey (ennuyeux). Le pull comporte 7 pièces, car chaque devant est en deux morceaux. J'aime assez le modèle, reste à savoir si le résultat sera conforme à la photo ?
Tricot-repos, ainsi que les petits pulls d'enfant. Pour répondre à certaines, je n'ai pas plein d'enfants (!), mais les petites pulls et bonnets que je réalise sont destinés à une association.
Le jacquard me manque, je pense que je vais m'y atteler cet été (quand il y aura du soleil et qu'il fera chaud...). Et je sais déjà ce que je vais faire. Autre programme d'été : une petite veste ajourée et un "truc" en dentelle. J'adore faire des trous dans mes tricots ! Pas vous ?
A bientôt, vale,
Christine
dimanche 11 mai
Variegated
Variegated
Variegated (Online etymology Dictionary) : vient de variegate, marquer de différentes couleurs, attesté dès 1646, venant du latin variegatus signifiant diversifié en couleurs, lui-même venant du latin varius (changeant, bigarré, tacheté).
Variegated ...








... ou Avariée-gâtée ?
(je parle de moi !)
Tout ça pour un February sweater alors qu'on est en mai. Mais fais ce qu'il te plaît, hein ?
surtout que j'adore faire des variations comme Beethoven,
mais aussi comme une femme,
parce que souvent femme varie.
Alors bien fol qui s'y fie si je vous raconte mes variations autour du February sweater ? Des fois que ça pourrait vous donner des idées...
Le first one, le modèle original, taille 9 mois/1 an :
Tricoté de haut en bas, petite collerette en point mousse, point dentelle ensuite, augmentations au niveau des manches et du corps. J'aime bien la technique d'augmentation de mailles dans le point mousse, que je découvre ; le point n'est pas déformé, je garde l'idée. Mais il y a un petit truc qui me chagrine au niveau des augmentations sous les bras.
Le deuxième, Baby clown , taille 3/6 mois
Tricoté de haut en bas, même collerette, mais point en mailles glissées ensuite, pour profiter des possibilités des laines à chaussette multicolores (variégatées ?), fils que je n'apprécie pas trop s'ils ne sont pas mélangés à des laines unies quand les couleurs sont peu fondues.
Là, je ne fais que changer le point tout en augmentant le nombre de mailles et de rangs car le fil est beaucoup plus fin. Je ne modifie pas la façon d'augmenter sous les bras. Conclusion, toujours le même truc qui me chagrine ; de plus, j'ai fait démarrer les emmanchures un peu trop bas et je trouve que les manches sont un peu trop longues.
Comme il me reste du fil, j'en entame un troisième, le Baby bigarré
Toujours de haut en bas, même nombre de mailles au départ, et manches courtes. Mais surtout, un rang d'augmentations supplémentaire avant les emmanchures, et des augmentations d'emmanchures biaisées. Pourquoi ?
Parce que ça grimace, au niveau des emmanchures.
Voilà 3 types d'emmanchures simples : celle en T, celle en L et le raglan

Voilà celle d'un lopi (tricot avec empiècement en rond) à gauche et à droite, celles du Feb sweater


et au milieu, l'assemblage.
Lors de l'assemblage, il y a des forces de tension qui s'exercent là où il y a les flèches. Ces forces sont réduites si les augmentations (ou diminutions) sont en pente, et d'autant plus faibles si la ligne des augmentations (ou diminutions) se rapproche de la verticale. Les augmentations du Feb sweater sont faites sur un seul rang et sont perpendiculaires au sens du tricot ; l'assemblage pousse la manche vers le haut, ça grimace sous la manche et il y a un creux en réaction de l'autre côté du creux de l'emmanchure. Pour peu que l'empiècement manque un peu de largeur, ce qui est le cas de mon Baby clown, je pense que ça augmente encore le phénomène.
Donc j'ai rajouté des mailles pour l'empiècement, et c'est nettement mieux. De même que les augmentations pour les emmanchures sur 6 rangs.
Au passage, vous remarquerez la différence de résultats quand on inverse les fils alors qu'il s'agit du même point

Alors, vous êtes clown ou bigarré ?
Et comme je trouve que la collerette n'est pas assez haute, je me décide à varier pour la troisème fois : Bébé radieux naît de restes de coton, un brillant multicolore et un mat uni.
On part du cou, et tiens ? si on variait au niveau du point ?
et puis on fait des manches courtes, après tout, c'est l'été bientôt, et on continue d'augmenter les creux d'emmanchures en biais :
Conclusion...
quel avantage a-t'on de tricoter de haut en bas ? Qui peut me le dire ?
A part vous inverser le dessin d'un point ?
Et maintenant,
que vais(èèèè)-je fai(èèèè)re ?
de celle-là ?
encore une variégatée !
A bientôt, vale,
Christine
jeudi 24 avril
J'ai attrapé des boutons !
Et puis quoi encore ?
D'ailleurs, c'est pas moi qui en ai.
Pour justifier que des boutons fassent la manchette de mon post, appuyons sur le bouton de sonnette du Musée de la nacre et de la tabletterie situé à Méru dans l'Oise, à une vingtaine de km de Beauvais.
Non, Méru n'est pas au bord de la mer, mais en plein Vexin, dans la campagne. La tabletterie dont l'origine remonte au Moyen Age est le travail de toute matière première (os, ivoire, corne, nacre, bois exotiques...) pour la réalisation d'objets de luxe : jetons, dés, dominos, boîtes, manches de couteaux, montures d'éventails .... Comme cet artisanat génère des odeurs très gênantes pour la capitale, Colbert, au XVIIème siècle, décide de délocaliser une partie de cette activité en province (la délocalisation n'est donc pas nouvelle !). Les ouvriers agricoles de cette région proche de Paris ont ainsi pu travailler chez eux à la morte saison, à partir de cette époque, au collage des pièces de dominos (jeu très prisé dans le monde entier et en Normandie en particulier) ou à l'encartage des boutons, pour les ateliers parisiens. Exactement comme les ouvriers agricoles de l'Angleterre qui tricotaient chez eux dès le XVIème siècle pour arrondir leurs fins de mois.
La tabletterie connaît un essor important au XIXème siècle et la région de Méru devient la capitale mondiale de la nacre. Pourquoi ? Parce que la Polynésie devient colonie française et que l'on importe davantage d'huîtres perlières qui arrivent au port de Rouen et qui remontent la Seine (pas à
la nage bien sûr, mais sur des bateaux !).
On travaillait jusque-là la nacre blanche australienne ; l'arrivage d'une autre nacre, la grise, d'origine polynésienne a permis le développement de cette industrie et la création d'entreprises dans la région même où la main d'oeuvre spécialisée existait déjà. L'utilisation de boutons de nacre dans le vêtement, notamment dans le gilet masculin des romantiques, se répand davantage : la fabrication de boutons de nacre explose.
Imaginez ! Un atelier rempli de 80 ouvriers, dans une poussière de nacre telle qu'ils ne se voyaient plus, les mains dans l'eau pour refroidir les machines (et les gerçures en hiver), dans un bruit pas possible avec toutes les machines qui tournaient ensemble ! Pas de masque, pas de protection particulière, les maladies pulmonaires étaient fréquentes ainsi que la surdité.
La machine à vapeur qui faisait tourner l'ensemble des machines

(vue de dessus à droite)
Le premier ouvrier qui intervient est le "découpeur" ; c'est aussi le mieux payé. Il découpe des
rondelles dans les coquillages, rondelles qu'on appele des "pions". Ensuite, différentes étapes se succèdent : meulage (face externe pour éliminer le dessus du coquillage, et face interne pour aplanir), méchage (pour former un bourrelet à la périphérie), gravure (pour créer un dessin), puis trous.
C'est seulement à cette étape que le pion peut s'appeler un bouton (l'exemplaire de la photo a été réalisé pendant la visite).
Ensuite ponçage, polissage et encartage.
Autre coquillage très utilisé pour sa nacre, l'haliotide verte de Californie, communément appelé ormeau, ou Oreille de Vénus :
Mais vous le connaissez peut-être sous son nom anglais d'Abalone ? Et c'est là que le bouton rejoint le tricot !

Modèle d'A. Starmore, in Pacific Coast Highway
Tout allait donc très bien. Au XIXème siècle, 40 entreprises employaient 10 000 ouvriers dans la région. Puis un autre coquillage arriva au début du XXème siècle : le troca, qu'il suffisait de blanchir à l'eau oxygénée pour que sa nacre ressemble à s'y méprendre à celle des huîtres perlières (les plus chères). Le troca coûtait 50 centimes au lieu des 7,50 francs de l'huître. La notion de profit l'emporte, la fraude s'installe, les salaires chutent de 30 % et une immense grève paralyse le secteur pendant 3 mois.
Secteur balayé ensuite par l'industrie du plastique : à partir de 1960, les boutons sont de plus en plus fabriqués en matière plastique, et en 1972, les usines de nacre sont définitivement fermées. Sauf quelques rares survivants qui travaillent pour la haute couture et le prêt-à-porter.
Quelques chiffres pour conclure :
en 1900, un ouvrier produit environ 6 000 boutons de nacre en 8 heures (perçage manuel) ;
en 1960, un ouvrier sur machine semi-automatique produit 14 400 boutons de galalithe en 8 heures ;
en 1990, une machine automatique produit plus de 80 000 boutons plastique en 8 heures.
Vous voulez voir de jolis boutons ? C'est par là.
Mais par ici aussi...
Bouton de porte - boutons de laine - bouton bleu

Bouton d'acné - bouton de rose - bouton rouge

Bouton poussoir - boutons informatiques (clic) - bouton pression

Tous ces boutons pour le February sweater d'E. Zimmermann in Elizabeth Zimmermann's Knitter's Almanac. Tricoté de haut en bas, ce n'est vraiment pas un modèle difficile.
D'abors le "normal", conforme aux explications, taille 1 an, en Pronostic de Phildar (20 % laine, 160 m pour 50 g, à tricoter en 3,5) :
Détail du point et du boutonnage

Argh. Madame Zimmermann évoque les boutonnières bien bas dans les explications, donc comme je fonce trop vite, les boutonnières ont démarré là où c'est écrit ! Pour me rattraper, j'ai mis un bouton pression en haut, cousu sous le bouton...
Ensuite, j'ai voulu changer le point. Et tricoter avec d'autres fils. Je me suis donc amusée avec des fils à chaussette, un écru, de Pingouin (aussi âgé que moi) et la Regia 4 fils Ringel Clown (5048) en un point de mailles glissées (j'adore !). Evidemment, j'ai recalculé tout le patron, car la laine est plus fine.
Détails

J'apprécie beaucoup la façon d'augmenter dans le point mousse, car ça ne se voit pas.
Il y a une petite chose qui me chagrine, j'en reparlerai la prochaine fois. Car bien sûr, il y a un troisième Feb sweater qui a démarré, et qui va me permettre de modifier la zone qui à mon avis ne vas pas.
Tiens, le géranium aussi a des pustules !
A bientôt, vale,
Christine
lundi 24 mars
Gazouillis de Pâques
C'est le printemps, les oiseaux gazouillent et pépient, y'a d'la joie partout !

Ca, c'était hier, et aujourd'hui, ça continue, en plus fort.

Noël au balcon, Pâques aux tisons qu'ils disaient. Eh bien c'est gagné.
Donc le Sun ray, avec un nom comme ça, il ne pouvait que retourner en pelote.

Surtout qu'il était jaune...
De toute façon, le montage ne me plaisait pas, le point a une coquille dans le dessin et le point dentelle en lui-même est quelconque. Ce qui me plaît dans ce châle, c'est sa finition, les pointes du bord. Je les ferai avec un autre point dentelle. Plus tard.
Pour le moment, occupons-nous de Pâques et de ses oeufs.
Parce que les oeufs, ça donne des poussins.
Quels que que soient les oeufs.
De poule ou de canard.
D'ailleurs, vous savez, vous, pourquoi on ne mange pas de poulet à Pâques alors qu'il y a plein d'oeufs ?
Pour épargner la sensibilité des survivants, en surnombre. Imaginez un peu !
Alors on mange du gigot. Qu'on va chercher en Nouvelle Zélande. Pour que nos poules, au lieu d'être mangées, tricotent, de même que nos moutons, qui restent dans les champs.

Et c'est uniquement pour ça, à cause de Pâques et du tricot, que l'économie rurale ne va pas fort en France !
Mais revenons à nos moutons poussins...
Grâce à Viou, j'ai découvert des petits pioupious de Pâques adorables. Allez les voir, ça donne vraiment envie d'en faire. Bon, moi, je m'y suis pris trop tard, par contre, j'ai eu l'autorisation de Kathy, leur créatrice, de traduire son patron et de le diffuser pour notre plus grand bonheur. Vous trouverez les explications des "Easter peeps" (littéralement "pépiements de Pâques" en français ici.
Et comme la neige m'inspire, j'ai démarré et quasiment terminé un February baby sweater d'E. Zimmermann (in Knitter's almanac) :
Ce modèle me plaît davantage que le Baby sweater jacket. Je sens que je vais pouvoir le décliner de façon variée.
Pendant ce temps, il y en a un qui fait la tronche (pour changer) : la neige, il aime pas, et en plus, il n'a pas eu d'oeufs !

Allez, Joyeuses Pâques quand-même !
A bientôt, vale,
Christine
























































































